L’agroforesterie comment ?

S’engager dans un projet d’agroforesterie peut apporter de multiples bénéfices et avantages mais requiert conseil et appui technique pour réussir en tout point son projet. Un système agroforestier ne suit donc pas un modèle unique !

Au regard du pas de temps et des interactions en jeu, un projet agroforestier doit être mûrement construit.

Les 3 piliers du succès sont : 

                           – une étude de faisabilité de qualité,

                           – un chantier de plantation dans de bonnes conditions,

                           – un suivi annuel.

L’étude de faisabilité : avoir les bons arbres…aux bons endroits… pour la bonne fonction !

L’étude de faisabilité doit permettre de passer de l’idée au projet. La réflexion est gage de succès. La finalité : caler la configuration de la parcelle ainsi que le choix des essences et le type de gestion à mettre en place.

De l’idée…                                                                                                        … à la plantation.
Caractérisation du système agricole.
Caractérisation du contexte climatique (précipitations, gelées, vents, évolutions …).
Réalisation de sondages pédologiques.
Caractérisation du contexte géographique et administratif (zonages, réseaux souterrains…).
Définition des contraintes et atouts sols (réserve utile, pH, teneurs en éléments nutritifs, charge en éléments grossiers, contraintes à l’enracinements…).
Choix des essences.
Scenarii de plantation et de gestion.
Chiffrage du projet ; recherche de financements.

Le choix des essences :

Privilégiez les essences locales. Celles-ci sont adaptées aux conditions locales, fonctionnelles pour la biodiversité locale ; et se développeront de façon optimale. Il est recommandé également de diversifier les essences au sein du projet. Chaque essence d’arbre a ses propres caractéristiques (besoin hydrique, profondeur des racines, résistance aux maladies, …), et réagit différemment face à un événement : la plantation aura une meilleure résilience face aux aléas. C’est également un moyen pour diversifier les habitats et l’offre alimentaire pour la biodiversité.

L’enjeu majeur est de prendre en compte le changement climatique dans le choix des essences. Cela oblige à se projeter afin de choisir des essences qui souffriront le moins possible des évolutions climatiques.

Enfin, il faut tenir compte des objectifs définis par l’agriculteur.

Préparation du site de plantation :

C’est une étape essentielle qui a pour objectif de favoriser la reprise et l’enracinement des plants.

– destruction du couvert herbacé, si celui-ci existe (prairie, talus…). Cette destruction devra être effectuée sur une largeur de 1 m. Cette opération doit intervenir assez tôt pour permettre une dégradation complète des résidus avant travail du sol, évitant ainsi la création de paquets de résidus qui compromettraient la croissance des plants à termes (création de poche d’air dans le profil, de zone anoxique défavorable aux racines …).

– sous solage : l’objectif est de fissurer le sol en profondeur, et créer ainsi un contexte favorable à l’exploration des racines en profondeur, et non en surface ce qui concurrencerait les cultures adjacentes. Le sous solage n’est pas obligatoire, il est fonction de l’historique de la parcelle et des risques de tassement en profondeur. Cette opération doit être effectuée dans des conditions d’humidité de sol adéquat (ni trop sec, ni trop humide), à savoir le plus souvent en fin d’été début d’automne.

– travail du sol : celui-ci a pour objectif d’ameublir le sol afin de favoriser un bon contact sol / racines et ainsi de favoriser l’infiltration de l’eau. Là aussi, intervenir en condition d’humidité de sol adéquat pour éviter tout lissage du fond qui serait préjudiciable pour l’enracinement des plants et pourrait conduire à un enracinement horizontal très concurrentiel pour les cultures adjacentes.

Choix des plants :

La reprise est améliorée avec l’utilisation de jeunes plants forestiers à racines nues de 2 à 3 ans, dont l’origine génétique respecte l’arrêté préfectoral en vigueur. Leur plantation est facilitée, la reprise meilleure, la croissance vigoureuse et le prix réduit.

Lors de l’achat, il est impératif de vérifier la qualité du plant, en recherchant des plants avec un axe unique, et un système racinaire développé et ramifié.

Si la plantation n’a pas lieu immédiatement, les plants doivent être mis en jauge dans du sable humide ou dans de la terre meuble et à l’abri du vent, afin que les racines ne se dessèchent pas. Ainsi stockés, ils peuvent être conservés plusieurs semaines.

La plantation : essentiel !

Les arbres ont besoin d’une mise en terre soignée. Cette étape détermine le dynamisme des arbres ! Vouloir aller vite lors de la plantation peut se traduire par des arbres qui vont peiner par la suite et donc pousser lentement.

La période la plus adaptée court de fin novembre à fin mars. Il est fondamental d’éviter les périodes de gels ou de neige.

La mise en place du plant doit se faire dans les règles de l’art en respectant le positionnement du collet, comme illustré ci-dessous :

Le paillage :

Le paillage permet de maintenir la fraîcheur et de limiter le salissement au pied des jeunes arbres ; deux éléments favorables à l’installation des jeunes plants.

Le paillage doit être mis en place assez rapidement après le travail du sol.

Privilégier des matériaux biodégradables, qui s’élimineront seul, contrairement au film plastique qui doit être retiré du pied de haie au bout de 4 à 5 ans, travail long et fastidieux, sans quoi il finit par se déchirer en lambeaux et se disperse dans les parcelles adjacentes.

DégradabilitéPerméabilité à l’air et à l’eauInstallationCoûtsPréconisations
PailleTotale à court terme (< 1 an)OuiLa plus simple+Il faut en général recharger la plantation en paille la deuxième année.
CopeauxTotale à moyen terme (2 à 3 ans)OuiSimple++Ne pas utiliser de matières issues de résineux.
Toiles biodégradablesTotale à court ou moyen termeOuiPlus difficile+++Veiller lors du choix à ce qu’elles durent plus de 2 ans.
Feutres semi synthétiquesPartielleOuiLa plus difficile+++Ne sont pas d’une grande qualité visuelle.
Comparatif des techniques de paillage les plus utilisées

La protection des plants contre le gibier :

La pose de protection est indispensable. La taille des protections doit être adaptée selon la faune présente (60 cm si lièvre, 1,2 m si chevreuil).

Le choix des piquets de maintien de ces protections est un point important. Ceux-ci doivent permettre de maintenir la protection en place (il ne faut pas que les protections glissent dessus), de la maintenir « ouverte » pour permettre aux plants de se développer harmonieusement, et de résister au vent pour éviter que l’ensemble ne se couche.

Il est judicieux de prévoir un piquet plus gros, et donc plus costaud, qui aura pour fonction de résister au vent, et un second plus petit qui aura pour fonction de maintenir ouverte la gaine de protection.

La gaine sera fixée à ces piquets uniquement au niveau du sol.

Le suivi : indispensable !

Le suivi est garant de la pérennité et de la cohabitation avec l’activité agricole.

L’année de plantation, il n’y a peu de chose à faire : vérifier la bonne tenue des protections, désherber si nécessaire au pied des plants…

Ensuite, les arbres devront faire l’objet d’un suivi annuel afin de déclencher au bon moment les opérations de taille. Celle-ci est indispensable pour assurer une architecture des arbres compatible avec l’activité agricole de la parcelle.

Dans tous les cas, le matériel utilisé doit être en adéquation avec le diamètre des tiges à couper.

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